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« 11 Short Stories Of Pain And Glory » (2017) - Dropkick Murphys

Formé en 1996, Dropkick Murphys est originaire du Massachusetts (USA) où il s’est fait connaître notamment en se produisant lors des fêtes de la Saint Patrick à Boston, ville qui fut un important point d’immigration irlandaise au XIXème.
Puisant leurs influences dans la musique traditionnelle irlandaise à l’instar de The Pogues, ils se sont fait un nom dans un style fusionnel allant du traditionnel au (folk-)rock celtique, punk et punk-rock, au travers de neuf albums studio et de nombreuses tournées internationales.

L'album paru en janvier 2017 est un parfait exemple de leur savoir-faire dans la conception de chansons aux refrains accrocheurs, taillées pour la scène et les festivals.
Toutefois il nous laisse plutôt le sentiment d'une compilation de styles et de productions, du genre « Come and hear what we're able to do… ». Du celtique (très peu via une cornemuse et un whistle présents par intermittence), du punk (pas mal), du rock 80’s voire sixties, du Pogues (plusieurs donc du celtique quand même…), de la balade vitaminée (un peu).
Le mastering se révèle parfois insuffisant tandis qu'au niveau mixage la voix lead se promène pas mal (sic), cherchant un peu sa place, tout ceci faisant aussi penser à des enregistrements à diverses époques….
Les textes par contre sont intéressants, souvent bien écrits.
Un groupe qui a du métier, cela s’entend; mais quel est son style? Je l'ai classé en rock celtique mais sa place serait plutôt dans une sorte de punk-rock celtique avec le timbre de la voix, les rythmiques énervées et aussi les Pogues, plusieurs titres s’y réfèrent malgré l’absence ici d’une véritable base trad irlandais.
En fait, l’album est assez confus avec une dominante qui est de comporter une majorité de morceaux destinés à faire chanter le public en festival.

Ma sélection :

- Kicked To The Curb (track 8) : riff très efficace, une belle basse; un très bon (punk-) rock facon 80’s,

- 4-5-13 (track 10) : un excellent whistle et l’influence Pogues; le chant part bien avec une voix proche du modèle; enchaînements bien faits entre couplets et refrain avec un whistle qui soutient bien le propos; un très beau refrain sur un texte bien écrit.

On pourra préférer les anciennes productions du groupe et en particulier leur tube I'm Shipping Up To Boston :

« Live At The Fort » (2012) - Prydein

Prydein est un groupe de rock celtique américain (État de Vermont) constitué en 1999 dans la continuité d’une autre formation « Whisky Before Breakfast » elle-même née en mars 1996.
Avec de nombreuses évolutions de line up depuis l’origine et au fil de quatre albums de qualité inégale, Prydein a su affirmer un son rock celtique personnel.
Une petite précision quand même : je ne suis pas un inconditionnel de rock celtique, loin s'en faut; pour résumer, je dirais que les deux pôles de ce style, le rock et le celtique, sont souvent malmenés et que le résultat de cette fusion a tendance à émousser les qualités intrinsèques de l'un et de l'autre. Un rock sans roll et un celtique sans chardon…
Le cas Prydein en est une parfaite illustration et j'ai choisi d'en parler quand même car il y a eu ici ou là quelques pépites qui méritent qu'on s'y attarde.
Les instrumentistes sont pourtant de talent, à commencer par les pipers qui tous déclinent avec brio leurs compétences en matière de Highland bagpipes; reconnaissons que sans eux, il ne reste plus grand chose du groupe… malgré une section rythmique qui fait son travail avec l'efficacité qu'on attend d'elle.
En revanche le chant est proprement indigent, souvent techniquement insuffisant mais surtout sans âme ni émotion… D'ailleurs les deux derniers albums du groupe ont sensiblement réduit la place accordée à la voix lead, ce qui est une forme d'aveu.

L'album Live At The Fort a été enregistré dans des conditions d'ambiance étranges qui le placent plutôt dans la catégorie album (et groupe) de bar… ce qui n'est évidemment pas flatteur. Les parties de cornemuse sont presque toutes remarquables et sauvent le propos la plupart du temps; whistle et basse ont également une présence de qualité.
Mais le chant continue, à une ou deux exceptions près, d'occuper une place usurpée tandis que les arrangements sont minimalistes. En plus, deux morceaux du répertoire écossais sont salement massacrés : je n'ai certainement rien contre le fait d'offrir un coup de modernité à de vieux standards mais là, la chose est faite sans aucun talent ni idées avec en prime des changements qui viennent dénaturer la mélodie ou encore les paroles.
En bref voici un album qui, malgré les louables efforts des cornemuses, donne une piètre image de ce groupe et où rock et celtique n'existent souvent que par l'affichage des noms…
Là où il est permis de s'interroger c'est lorsque je constate qu'au milieu de ce désert viennent se poser au moins deux remarquables oasis. C'est par là qu'il faut aller…

Donc ma sélection (quand même) :

- Farewell To Eirann (track 3) : faisant directement suite à un Star Of The County Down qui aurait pu être réussi (grâce à son whistle très créatif et à une voix qui trouve enfin une place) mais abruptement stoppé, le titre ouvre sur une cornemuse superbe et très groovy et sur une ligne de basse intéressante qui mériterait d’être encore un peu plus en avant; superbe titre qui manque juste d’un autre développement de thème,

- Emi’s Jig (track 5) : jolie intro guitare façon Lennie Nihaus (compositeur attitré de Clint Eastwood) reprise par une magnifique cornemuse; superbe jig; le second thème est bien amené; intéressant chorus/break de guitare avant le retour d’un excellent bagpipe; un superbe morceau enfin fusionnel,

- et pour finir le morceau Devil's In The Kitchen qui ouvre énergiquement ce live mais également le meilleur album studio du groupe (Heads Up, paru en 2010) : un rendu certes assez linéaire mais une belle collaboration cornemuse/rythmique construite autour du développement d'un thème traditionnel « The High Road To Linton ».

Rock Celtique - 2

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